Les dossiers impayés plombent de plus en
plus la trésorerie des entreprises. Qu'il s'agisse de banques,
de compagnies d'assurances, de PME... toutes sont concernées
de près par ce phénomène. Pour les plus grandes
structures, elles ont choisi de prendre leur mal en main et ont
créé des départements en interne qui ne s'occupent
que du recouvrement des créances. D'autres préfèrent
ne plus avoir à se soucier de cette tâche et ont
choisi de l'externaliser. Pour répondre à cette
demande en croissance, de plus en plus de sociétés
de recouvrement de créances (recouvrement des impayés:
traites, chèques, factures, découverts, crédits
amortissables..., gestion du portefeuille clientèle, gestion
du portefeuille de créances contentieuses...) se sont lancées
depuis une dizaine d'années dans ce créneau, profitant
d'un vide juridique (aucun texte de loi ne régit le métier).
Elles ne sont pas assujetties à agrément si elles
ne pratiquent que le recouvrement. Par contre, lorsqu'il est question
de mobilisation, elles sont obligées d'en avoir un. Ces
sociétés sont mandatées par leurs clients
pour récupérer les créances en souffrance.
Malgré ce foisonnement, le métier évolue
timidement. "Une frilosité est encore ressentie
auprès d'une certaine cible. Les gens ont peur de confier
leur actif, leur patrimoine à des personnes étrangères
(cabinets de recouvrement) par méconnaissance du métier,
par crainte de perdre ces valeurs mais aussi par crainte de s'adresser
à des personnes non professionnelles", explique
Jamal Krim, administrateur de Reco Act, un
cabinet de recouvrement amiable et judiciaire pour la banque et
l'entreprise, un pionnier dans ce créneau. Pour lui,
le secteur aurait pu mieux décoller si seulement il existait
davantage de profils adéquats, crédibles qui présenteraient
des produits appropriés à même de faire adhérer
les patrons d'entreprises dans cette logique de travail en partenariat.
Intervention en aval dès lors qu'un litige éclate
Lorsqu'elle est bien étudiée,
l'externalisation du recouvrement des créances permet à
l'entreprise d'économiser du temps, des frais de gestion
et surtout de récupérer des créances difficiles
qu'elle n'aurait pas pu recouvrer seule, sans l'aide de professionnels
qui disposent de techniques "efficaces" pour opérer.
Généralement, le client ne commence à mandater
les sociétés de recouvrement qu'à partir du
moment où sa créance devient litigieuse. Et c'est
lui-même qui choisit les créances à déléguer.
Or, il peut s'écouler un temps important entre le moment
de la naissance de la créance et le moment où les
sociétés spécialisées prennent le dossier
en main. Sachant qu'il existe une corrélation entre la fraîcheur
de la créance et le taux de recouvrement, plus le temps passe
et moins le taux d'encaissement sera élevé et vice
versa. Et c'est pour cette raison que pour Jamal Krim,
l'idéal serait que les patrons d'entreprises recourent
aux services des cabinets spécialisés dès qu'ils
s'aperçoivent que l'utilisation des moyens internes à
la société n'ont pas porté leurs fruits.
Un autre élément peut jouer en faveur d'un règlement
rapide ou non de la créance.
Chez Reco Act, la performance est nettement plus appréciable
puisque le taux oscille entre 80 et 90%. L'expérience de
la société créée en 1994, les techniques
utilisées (progiciel de gestion de recouvrement et de contentieux,
collaborateurs qualifiés...) sont autant de facteurs qui
expliquent en partie cette prouesse. Aussi, le
portefeuille géré par Reco Act n'est-il constitué
que de clients de choix: banques, assurances, multinationales...,
ce qui augmente les chances de recouvrement comparativement à
d'autres cabinets de recouvrement, qui, n'ayant pratiquement que
des commerçants comme clients, voient leur mission de récupération
semée d'embûches. Notons dans ce registre
qu'en fin de compte le taux de récupération des créances
n'atteint jamais les 100%. Il est très difficile d'aboutir
au stade de zéro échec. Dans un milieu où les
impayés deviennent légion, les taux réalisés
par les professionnels sont plus que satisfaisants.
Par: Salwa
Mansouri
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