" L'état a montré l'exemple. En payant
ses fournisseurs avec six, huit mois de retard et même parfois
plus, il a contribué au développement d'un mal chronique
au Maroc: le retard de paiement" Jamal Krim, administrateur
délégué de la société de recouvrement
"RECO ACT " a construit sa société
sur celle faille.
Aujourd’hui, il emploie douze personnes, toutes dotées
d'une culture commerciale et financière. "Nous
devons effectuer une présence soutenue sur le terrain,
Poursuit M.Krim, c'est quasiment du harcèlement,
car nous ne pouvons nous satisfaire de simples relances téléphoniques.
En France, j'ai vu de véritables "batteries"
de personnes qui faisaient du recouvrement par téléphone
et le lendemain, des cartons entiers de chèques arrivaient
. Au Maroc, c'est totalement impensable. La relance à distance
ne marche pas, il faut des contacts directs, à l'amiable.
Nous devons établir des cycles d'échelonnement,
trouver des compromis".
RECO ACT a des obligations de résultat
car cette société n'est rétribuée
que lorsque les démarches aboutissent favorablement. Avec
une conjoncture difficile, comme c'est le cas actuellement, le
recouvrement est d'autant plus difficile . "lorsque
l'on peut intervenir rapidement, c'est-à-dire dans les
deux ou trois mois, le taux de réussite est de 80% à
90% Il tombe à 50% et parfois moins lorsque les démarches
sont faites un an après l'émission de la facture
"précise Jamal Krim.
Les taux appliqués par RECO ACT
varient de 5% à 20%, le pourcentage étant fonction
du flux commercial des entreprises. RECO ACT
a signé des partenariats avec des établissements
de crédit tant dans le secteur des banques mais travaille
également avec les PMI"qui représentent 80%
du tissus économique marocain ajoute M.Krim bien
qu'elles ne possèdent que 20% des richesses du pays".
"Nous préférons le recouvrement auprès
des personnes morales (entreprises) que des personnes physiques".
Les employés de RECO ACT doivent faire
preuve de beaucoup de patience, de psychologie, tous ont une formation
universitaire en droit. Autant de qualités dont ne disposent
pas forcément les entreprises qui font appel à des
organismes spécialisés.
"Avec un taux de contentieux qui de 15% au Maroc
contre 5% en France, il y a fort à faire et tout d'abord
l'éducation de la clientèle" conclut
M. Krim.
Par: Conjoncture