RECO-ACT
dans la Presse

17 janvier 2003

Prévoir, à la base, un contrat bien verrouillé
Comment éviter de se faire couler par les impayés

La gestion des crédits clients est, de plus en plus, un véritable casse-tête pour les entreprises. Pour lutter efficacement contre les retards de paiement, mieux vaut verrouiller en amont ou externaliser avant que la créance ne soit trop ancienne.

Les entreprises américaines l'ont compris très tôt. Gérer le poste client est aussi important que gérer le stock, la production ou toute autre fonction stratégique. Il est inutile de rappeler qu'une gestion désastreuse du poste client peut mettre une entreprise en péril. Jugez-en!
Chaque année, les retards de paiement en Europe constituent 90 milliards d'euros (environ 900 milliards de DH) de dettes exigibles et 10,8 milliards d'euros d'intérêts perdus (près de 108 milliards de DH). Aussi, il n'est pas rare de voir une entreprise économiquement viable aller en redressement judiciaire ou mettre la clé sous le paillasson en raison de ses impayés. L’importance du phénomène peut être vérifiée par un seul chiffre: près de 25 % des faillites ou des problèmes de trésorerie dans les pays industrialisés sont dus à une mauvaise gestion du poste client.

AU MAROC, UN DÉLAI MOYEN DE 100 JOURS
Au Maroc, les impayés font également partie du quotidien des entreprises. «Une situation qui s'est aggravée durant la décennie 90 en raison de l'accroissement des crédits, notamment à la consommation. A chaque enquête de conjoncture de la Direction des statistiques, les entreprises inscrivent les retards de paiement et les problèmes de trésorerie parmi leurs principales préoccupations. Il a fallu faire face à une masse d'impayés que les entreprises n'arrivaient pas à gérer», souligne Jamal Krim, administrateur de Reco-Act. Et d'ajouter: «Le pays ne dispose pas actuellement d'un environnement adéquat qui puisse délimiter les obligations de chacun. Par exemple, le délai de paiement en Europe est de 30 Jours alors qu'il frise les 100 jours au Maroc. Un délai qui est d'ailleurs peu respecté».

Il faut pour l'entreprise mettre en place un système performant de gestion de clientèle, lequel commence par l'application d'un principe très simple: ne pas laisser traîner les créances. «Le crédit inter entreprises est une arme à double tranchant pour une entreprise. En d'autres termes, accorder des délais de paiement. c'est bien. Les faire respecter c'est encore mieux», souligne Jean-Claude Asfour, consultant international et membre de l'AFDCC (Association française des crédit managers et conseils). A ce titre, l'expert français souligne que le crédit inter entreprises représente trois fois le crédit bancaire en France. C'est dire l'importance du système à mettre en place pour éviter toute situation contraignante. Il faut avant tout préparer un contrat de vente sans faille et prévoir des clauses pour se prémunir contre le risque d'insolvabilité du client. Outre le montant de la dette, le délai et le mode de paiement, le contrat doit prévoir certaines clauses essentielles comme la clause de réserve de propriété ou encore celle de déchéance du bénéfice du terme selon laquelle le commerçant peut exiger le remboursement complet du solde de la dette si l'acheteur n'arrivait pas à respecter ses engagements. L’acheteur perd ainsi le bénéfice du terme, c'est-à-dire la possibilité de bénéficier de plusieurs mois pour payer son achat.

DES SCÉNARIOS DE RELANCE PERSONNALISÉS
En second lieu, il s'agira de mettre en place une organisation performante du crédit management qui, en interne, sera chargée de suivre les créances dès la livraison de la marchandise afin de déceler les litiges qui peuvent survenir ou détecter encore les éventuels risques d'insolvabilité. «Il faut agir vite et prévoir des scénarios de relance en fonction de chaque client à l'approche des échéances. Il ne faut pas attendre quinze jours pour le faire», souligne Jean Claude Asfour. Et de poursuivre: «Les panoplies de logiciels informatiques peuvent être d'un grand secours».
Il ne faut pas non plus oublier que les premières échéances non payées doivent servir d'alerte. Plus la créance est ancienne, plus il est difficile de la recouvrer. Une créance non récupérée trois mois après l'échéance peut être considérée comme difficile. Pour l'heure, les entreprises gèrent directement leur compte client. Elles n'ont recours aux sociétés de recouvrement qu'en dernier ressort alors que l'idéal serait d'extenaliser la créance au bout de trois mois.

Par: BRAHIM HABRICHE